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dimanche 5 septembre 2010
» La rubrique... à souvenirs.
» Deux siècles d’histoire de la rose lyonnaise
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La Société Française des Rosiéristes
Dès 1895, la Société d’Horticulture Pratique du Rhône, demande instamment, à chacune de ses séances, que l’on organise des expositions spéciales de roses. Le Secrétaire général Nicolas, signale que dans chaque exposition, ce sont les mêmes plantes qui reviennent et que les amateurs n’en voient souvent pas plus que dans leurs propres jardins.
Le Rapporteur demande que l’on provoque le plus tôt possible, les expositions de variétés nouvelles. Déjà s’ébauche au sein de la Société et parmi les rosiéristes lyonnais, une idée de créer une Société spéciale des Rosiéristes ; non pas que les rosiéristes se détachent de la Société Lyonnaise d’Horticulture, mais la création d’une Société Nationale des Rosiéristes Français, donnerait plus de poids et plus de force pour organiser les expositions de Roses. Déjà en 1887, à la Société Nationale d’Horticulture de Paris, un projet semblable avait été élaboré ; mais depuis cette date la Société n’avait pas encore vue le jour. Les Rosiériste Lyonnais désiraient vivement se grouper en une Société autonome. Ce n’est qu’en 1895, que quelques lyonnais se réunirent au Café de la Bourse, et décidèrent de créer, la Société Nationale de Rosiéristes Français, qui devait quelques mois plus tard, devenir la Société Française des Rosiéristes « Les Amis des Roses » ; et je retrouve dans les archives, une circulaire daté du 30 décembre 1895, rédigée par M. Viviand-Morel, 66, cours Lafayette, rédacteur en chef au Lyon Horticole. Elle avait été adressée à tous les amateurs et professionnels de la rose en France. Cette circulaire dit entre-autre : « En France, plus peut-être qu’en tout autre pays, la rose est la fleur favorite ; la création d’une Société destinée à grouper les amateurs et cultivateurs de roses de toutes les parties de la France, répond à une réelle nécéssité. Voici le but de la Société : 1) Etudier, classer et juger les variétés de roses ; 2) Organiser des expositions dans toute la France ; 3) Publications relatives aux roses ; 4) Appréciation des nouveautés françaises et étrangères. La cotisation sera de 5 francs par an. Suivait la liste des membres fondateurs au nombre de 66. il y avait entre-autres : Bernaix Fils, de Lyon, Bonnaire, Croibier Jean, Dubreuil, Antoine Ducher, Gamon, Pierre Guillot, Griffon, Laperrière, Pernet-Ducher, Preslier, Antoine Rivoire, Viviand-Morel. Le Comité Lyonnais a ouvert largement ses portes à tous les amateurs et cultivateurs de roses lors de sa fondation ; notre première circulaire signée par 50 membres fondateurs, soit de Lyon ou de tous les points de la France en est une preuve évidente. Cette circulaire tirée à 2500 exemplaires a été envoyée à toutes les personnes contenues par le Comité, comme s’intéressant aux roses. Des personnes se sont vouées à la création de cette Société, avec la ferme conviction de la faire aboutir et prospérer pour le plus grand profit de notre fleur favorite. Notre Société est ouverte à toutes les personnes qui voudront s’intéresser à son avenir. Ce que nous voulons créer, ce n’est pas une section dans une Société quelconque, mais bien une Société spéciale s’étendant sur toute la France en tenant chaque année sa principale réunion au Congrès dans une ville désignée par la Société ell-même. Notre but et notre programme étant de travailler aux intérêts de tous en aidant au progrès de la culture de la reine des fleurs. Quelques jours après la Société Française des Rosiéristes était née. Le premier numéro parut le 30 septembre 1896, il contenait les statuts approuvés par le Président du Conseil, Ministre de l’Agriculture, Méline. Puis la liste des membres au nombre de 143. Président : M. le comte de Bouchaud.
Tous les rosiéristes de France sont là : Chenault et Bérard d’Orléans, Bruant de Poitier, Nabonnand de Golf-Juan, Viennot et Buatois de Dijon, Chedanne, Guinoisseau et Détriche d’Angers. Il y a aussi Ketten de Luxembourg, ainsi que tous les Lyonnais. Le numéro 2 paraît le 31 décembre 1896, et le numéro 3 le 31 mars 1897 ; puis la revue paraît régulièrement tous les deux mois, et même pendant la grande guerre de 14-18. il y eut très peu de numéros qui n’ont pas paru. A travers toutes les vicissitudes, notre Société a tenu bon ; elle n’a fait que croître et prospérer. On a vu ses représentants partout ; les roses lyonnaises ont toujours été présentés dans tous les grands concours. Le premier rapport annuel de la Société Française des Rosiéristes, est donné le 31 décembre 1897. Il contient 7 membres honoraires, et 179 membres titulaires, et son budget se monte à 1 355 fr. 89. Les annonces pendant l’année 97 ont données 355 fr. 99 et le solde se chiffre par un bénéfice de 516 fr. 44, les dépenses complètes n’ayant pas dépassé 839 francs. Le premier Congrès de la Société Française des Rosiéristes, est organisé à Orléans, en septembre 1897 ; il réunit 75 personnes, c’est déjà un succès pour notre petite société débutante. La Médaille d’or du Congrès, décernée pour la première fois est donnée à M. Eugène Verdier, rosiériste à Paris. Je remarque les questions suivantes à ce premier Congrès : 1- de la classification ; 2- de la synonymie. Le deuxième Congrès a lieu à Lyon, les 2 et 3 septembre 1898, et l’on retrouve les même sujets de rapport : la classification et la synonymie. La Médaille de ce Congrès fut donné à M. Nabonnand père. En 1899, c’est à Tours que se réunissent nos collègues, et la médaille est donnée à notre confrère Liabaud. Le Congrès de Tours, réunit 150 horticulteurs. C’était un beau succès. Une belle exposition fut organisée, et beaucoup de roses nouvelles présentées. La première médaille d’or fut donnée à « Soleil d’Or » de Pernet-Ducher. Un grand nombre de variétés nouvelles, d’horticulteurs de tous les coins de la France furent récompensées. Je remarque que la variété « Ulrich Brunner » de Levet, présentée par M. Gouchault, arrive la dernière avec une petite médaille d’argent, aucun commentaire n’accompagne cette variété encore peu appréciée, et qui est pourtant encore l’une des plus belles roses. En 1900, le Congrès se réunit à Paris à l’occasion de l’Exposition Universelle. C’est plus de 400 personnes qui se sont fait inscrire. La médaille fut décernée à M. Léon Simon de Nancy. Depuis, d’année en année, notre Société a donné son Congrès dans toutes les villes de France : Nice, Limoges, Rennes, Metz, Dijon, Biarritz, etc… A tous les Congrès, pendant les dix premières années, ces questions de la classification et de la synonymie reviennent dans les rapports, et encore de nos jours, que de fois on parle de la synonymie. Et voici les réflexions de M. Liabaud, sur les nouveautés ; il écrivait ces lignes dans le Journal des Roses, de Cochet, en janvier 1895 ; « Doit-on continuer à semer des rosiers ? Ne dirait-on pas que ce genre est arrivé à son apogée et qu’il n’y a plus rien à faire dans l’espoir d’obtenir quelque chose sinon supérieur du moins égal à ce qui existe ? L’attention des semeurs se porte spécialement sur le genre Thé ou Indica, en effet, il y a peut-être plus à faire dans ce genre que dans le genre hybride, quoi qu’il sera bientôt aussi nombreux en variétés que ce dernier. Pourtant, je crois qu’il faut continuer, malgré l’indifférence accusée à semer l’un et l’autre, car il est bien certain que ce progrès n’a pas dit son dernier mot, et que d’un moment à l’autre il peut surgir un ébranlement de ces genres qui, jusqu’à présent ont l’air d’être stationnaire. (Liabaud ne se doutait pas que deux ans plus tard, Pernet-Ducher, qui travaillait en silence, présenterait Soleil d’Or, la première variété d’une race nouvelle qui devait ébranler le genre rosier). Nous ne pensons pas que les réunions de rosiéristes appelés à se prononcer sur les gains obtenus dans le monde aient quelque chance de succès, car la plupart des praticiens eux-mêmes sont incapables de les juger sainement, parce que la jalousie du métier sera toujours prépondérante et amènera de la zizanie, à propos de décisions qui pourront être prises et des choix qui pourront être faits. Nous en avons une preuve convaincante pour avoir fait l’éloge dans un journal d’une variété lyonnaise qui a eu un certain succès et nous avons subi les camouflets d’autres rosiéristes jaloux de l’obtenteur ». Pour qu’on puisse juger impartialement et sainement les divers gains obtenus nous estimons qu’il faudrait que l’obtenteur soit inconnu, mais les secrets sont si difficiles à garder. Ceci est notre appréciation personnelle que nous livrons sans cependant douter absolument de la sincérité des hommes qui seront préposés à leur examen. Dès 1896, le marché des roses est bien organisé aussi bien à Lyon qu’à Paris, la rose commence à pénétrer dans tous les foyers. Depuis février jusqu’en avril-mai, dans les rosiers forcés en pots nous ne trouverons qu’un petit nombre de variétés se forçant facilement, notamment : « Jules Margottin », « La Reine », « Madame Victor Verdier », « Paul Neyron » et « Ulrich Brunner fils », surtout « Captain Christy », « Madame Bérard », Gloire de Dijon », « Maréchal Niel », et « La France ». si au contraire, nous voulons à cette même époque (février-avril) des roses coupées, nous aurons le choix entre les roses venant du midi, les roses de Nice, comme on les nomme familièrement, et celles obtenues par le forçage local. Ces dernières sont bien plus belles et plus recherchées, mais aussi bien plus chères. Ceci explique pourquoi notre amateur achète des roses de choix en hiver, surtout, à remarquer que ce sont presque toujours les mêmes. En effet on emploie pour le forçage en vue de la fleur à couper, que : « Rose du Roi », « Rose de la Reine », « Jules Margottin », « Paul Neyron » et « Ulrich Brunner fils » (ces deux dernières en très grandes quantités) « La France », « Souvenir de la Malmaison », « Maréchal Niel », « Gloire de Dijon », Général Jacqueminot », « Niphetos » et quelques autres. Pour la sainte Marie et en automne nous verrons revenir en pots les variétés du mois de mars, et en particulier celles remontant les premières, telles que « Paul neyron », « Captain Christy », « Souvenir de la Malmaison », « Maréchal Niel », ainsi que : « Aimé Vibert », « John Hopper », « Eugène Appert », « Madame Victor Verdier », « Duchesse de Cambacères » et beaucoup d’autres. Enfin, si nous avions besoin de rosiers grimpants en pots, en plantes déjà fortes (1 mètre à 1,50 mètres de haut), nous trouverions, de novembre à mai une série d’autres variétés dont les meilleurs sont parmi les remontantes telles ainsi que : « Belle Lyonnaise », « Aimé Vibert », « Duchesse d’Aauerstaedt », « Gloire de Dijon », « Madame Bérard », « Reine Marie-Henriette », « Rêve d’Or », etc… Pendant l’hiver arrivent du Midi aux Halles de grandes quantités de roses coupées, d’un petit nombre de variétés spéciales à cette provenance notamment : « Safrano » (de beaucoup plus important) « Safrano Rouge », « Paul Nabonnand », « Maréchal Niel », « Souvenir de la Malmaison », « Papa Gontier », « Marie Van Houtte », « Madame Falcot ». et ces roses après avoir touché les Halles du bout de l’aile, se répandent rapidement dans les marchés aux fleurs chez les grands et petits fleuristes, ainsi que dans les rues. Février 1896. Les Rosiéristes lyonnais accompagnent à sa dernière demeure Jean Pernet, connu dans les milieux horticoles sous le nom de Pernet père, âgé de 64 ans. Il était encore en pleine activité quand la mort le surprit. Il était né à Lyon en 1832 et dès son plus jeune âge s’intéressa à la pépinière. Il travaillait chez Normand, pépiniériste à la Côte-Saint-André, mais la rose l’attire bientôt, et il revient à Lyon, chez le Père J.-B. Guillot apprendre la culture du rosier. Il voyage ensuite et va travailler à Paris chez Lévêque et Jamain ; il revient à Lyon, où il se met à son compte. Rosiériste réputé et connaisseur, il était installé depuis 1855, 64, route de Vaulx. Son fils Joseph Pernet-Ducher, marche sur ses traces et continue l’œuvre de son père et de son beau-père Claude Ducher : double héritage dont il saura être digne. Publié le jeudi 7 août 2008
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