L’Evolution de la Rose
l’aventure de la rose Lyonnaise racontée par Jean Gaujard ( de 1820 à 1922 ) suite

 
1867. Une étape dans l’histoire de la Rose. Guillot présente une Rose nouvelle appelée « La France », issue d’un Hybride remontant et d’un Thé ; on la regarde d’abord avec étonnement. C’était le premier « Hybride de Thé » - d’ailleurs pendant longtemps, des Rosiéristes entêtés, présentèrent la Rose comme Hybride Remontant.

Les années défilent sous nos yeux ; les Rosiéristes étendent chaque jour d’avantage leurs cultures et leur renommée.

Nous sommes maintenant en 1868, revenus chez M. Liabaud, 4, montée de la Boucle, à la Croix Rousse. La Commission de Floriculture, apporte ici des paroles et des sentiments de satisfaction pour ce que nous avons vu et de confiance dans le progrès incessant que suscitent dans notre région nos horticulteurs praticiens. A l’appel de notre collègue, M. Liabaud, votre Commission composée de MM. Boucharlat Ainé, Fillion, Allegatière et Cusin, s’est rendu chez M. Liabaud, un de nos collègue qui cherchent et fouillent les secrets de la nature, pour surprendre la théorie de ses actes et les adapter à la pratique des procédés qui font grandir l’Horticulture. « Chez M. Liabaud, toutes les parties de l’Horticulture se donnent la main, c’est qu’il est amateur, dans tous les genres. La culture florale, qui supporte le plein air dans la belle saison, compte dans son établissement des genres nombreux ; les Camélias, les Azalées et plus spécialement les Roses. M. Liabaud, depuis un certain nombre d’années fait de ce genre une de ses prédilections. Il va à la source du beau, il a semé avec passion. Votre Commission a eu l’occasion de signaler antérieurement plusieurs de ses beaux gains, aujourd’hui encore, elle doit vous en signaler de nouveaux.

Il est difficile de vous peindre toutes les variétés que votre Commission a vues…

Allons aussi chez Ducher. Rosiériste, avenue des Ponts (aujourd’hui l’avenue Berthelot). Ducher était installé à l’angle de la rue des Quatres-Maisons, près du Cimetière de la Guillotière, aujourd’hui à la place de ses pépinières est construit un immense garage d’autobus de la Ville de Lyon. Le 4 juin 1868, votre Commission de Floriculture, composée de MM. Boucharlat, Fillion, Liabaud, Damaizin, Allegatière et Cusin, se présentait chez M. Claude Ducher, pour y visiter ses cultures de Rosiers. La visite était trop tardive de quelques jours pour que votre Commission pût jouir de tout l’éclat de la floraison des milliers de Rosiers qui s’offraient à sa vue ; mais il y avait encore, vu le grand nombre de variétés cultivées par notre Collègue, des beautés incomparables. Il serait fastidieux d’établir ici une longue énumération. Seulement quelques variétés cultivées, faisant en ce moment un fort bel effet. « Le Curé de Charentay », nouveauté à fleurs rouges. « Gloire de Ducher », remontant, rouge vif. « Antoine Ducher », rouge vif ( il devait plus tard donner les Pernetianas, fécondé par Persian Yellow, obtention du gendre de Ducher : Joseph Pernet-Ducher).

M. Ducher a obtenu et mis au commerce déjà un certain nombre de fort belles Roses. C’est qu’il a la passion des semis et des hybridations ; ses efforts intelligents et si souvent répétés ont dû, en effet, amener de beaux résultats. La Commission, a adressé à M. Ducher de sincères félicitations. C’est par le croisement que sont venues toutes ces belles variétés qui ornent nos cultures ; c’est par le semis que les collections progressent, les unes détrônant les autres successivement. Nous ne saurions donc trop reconnaître, estimer et récompenser le mérite du semeur.

L’année 1872 commence pour les Horticulteurs de Lyon par la perte de l’un des leurs. Le 15 mars, décédait Gabriel Luizet et le 18, de nombreux amis l’accompagnaient à sa dernière demeure. G. Luizet naquit le 22 novembre 1794. Son père, arboriculteur laborieux et intelligent, s’applique d’abord à lui donner une éducation chrétienne et solide, tout en le faisant instruire d’une manière convenable, et, dès qu’il fut en age de manier la serpette et le greffoir, il lui donna les premières notions de l’art horticole, que lui-même savait faire progresser. Né pour ainsi dire au milieu des végétaux, doué d’une intelligence exceptionnelle, observateur sérieux et travailleur infatigable, le jeune Luizet, guidé par un tel maître, ne devait pas rester un élève ordinaire ; bientôt en effet, il comprit que l’horticulture était plus qu’un art, que c’était une science dont il devait étudier toutes les branches.

Il se mit à l’œuvre avec areur. Mais pour s’instruire sur une science il faut des livres, dit-on. Or, Luizet en manquait, car pendant le tiers du siècle, les manuels d’horticulture et d’arboriculture étaient inconnus dans notre Département du Rhône. C’est donc aidé seulement des conseils de son père, guidé par ses propres observation et par ses études de la nature, qu’il entreprit de se perfectionner. Luizet, fut un pépiniériste passionné, mais à coté des fruitiers, il cultivait la Rose.

1872. Année célèbre dans les annales de l’Horticulture à Lyon. La France encore meurtrie du désastre de 1871 n’avait pas voulu se laisser abattre. Malgré les difficultés énormes, une Exposition de 6 mois, du 2 juin 1872 au 30 octobre 1872 fut organisée. Un concours, tous les quinze jours soutient l’intérêt continuel de cette exposition universelle. Les Roses sont représentées par cinq lots : trois en pots et deux en fleurs coupées. Parmi les lots en vase, celui de M. Schwartz, de Lyon, seul a brigué le concours et a obtenu un premier prix. M. Joseph Schwartz est un jeune homme de 26 ans qui vient de prendre la suite de Jean Baptiste Guillot Père. Sa collection se compose d’Hybrides remontants, de Thés et de Noisettes. Nos Rosiéristes peuvent dire ce qu’il a fallu de soins pour amener à bien semblable collection après les intempéries que nous avons subies.

La collection de M. Levet, de Lyon, et celle de M. Ducher, de Lyon, ont paru très méritantes, leurs roses Thés surtout étaient magnifiques. Les Roses coupées de M. Fillion, provenant de ses semis, et celles en collections de M. Bouchard, étaient parfaites de fraîcheur. M. Lacharme, Rosiériste à Lyon, a fait n semis de la Rose « Jules Margottin ». C’est une rose qui fera honneur à Lyon. M. Levet, Rosiériste à Monplaisir, a présenté une véritable collection de semis. M. Ducher a aussi un grand nombre de semis ; on y remarque surtout les Roses Thés. M. Claude Ducher vient d’installer un établissement modèle et vaste près du Cimetière de la Guillotière, avenue des Ponts. Les Roses sont représentées par quatre collections. Celle de M. Schwartz, qui a mérité un premier prix l’emporte sur toutes par le nombre (deux cents variétés) et par la variété des coloris. Celle de M. Fillion a aussi mérité un premier prix. Tout en notant les plus belles variétés, je constate avec plaisir que les obtenteurs sont de la région Lyonnaise : les Guillot Père, les Guillot Fils, les Lacharme, les Liabaud, les Pernet, les Damaizin, les Schwartz. A la septième quinzaine, le 1er septembre 1872, les Lyonnais depuis trois mois soutiennent la lutte et ne se sentent pas faiblir.

Effeuillons rapidement le calendrier, les Roses nouvelles sont de plus en plus nombreuses, le nombre des variétés cultivées atteint souvent 1500 ou 2000.

Claude Ducher vient de mourir le 21 janvier 1874, âgé de 54 ans seulement. Né en 1820, il s’est intéressé dès son adolescence à la culture des Roses. Il a créé son établissement en 1845, et fut l’un des premiers semeurs Lyonnais. On lui doit quelques-unes de nos meilleurs variétés : « Gloire de Ducher », « Marie Van Houtte », etc… Il avait initié sa femme à son art de l’Hybridation et celle-ci, intelligente et laborieuse continuera son œuvre. Tous les Rosiéristes de Lyon accompagnent Claude Ducher à sa dernière demeure ; malgré la mauvaise saison, plus de quatre cents personnes se pressent à ses funérailles. Mme Veuve Ducher continua courageusement l’exploitation de l’Etablissement jusqu’en 1879. A cette date, elle devait prendre comme collaborateur le jeune Joseph Pernet qui devait, en 1884, devenir son gendre et successeur.

12 juin 1875. Une visite chez le jeune Rosiériste Joseph Schwartz qui était installé 43, rue du Repos ; à l’emplacement de ses pépinières, il y a maintenant d’un coté le cimetière des enfants, de l’autre les entrepôts d’une grande maison d’alimentation.

Je cède la parole à Liabaud, rapporteur de la Commission de visite : Depuis longtemps la culture des Roses a été à Lyon une branche les plus importantes de l’Horticulture, et l’on peut dire avec un légitime orgueil et sans crainte de se tromper, que cette belle culture fait sans cesse des progrès dignes de ses glorieux antécédents. Le monde de Rosiéristes n’a jamais eu qu’à admirer les produits des nombreux semeurs Lyonnais, et si l’on retranchait des collections, toutes les Roses qui ont vu le jour à Lyon, dont sont issues une foule d’autres, ces collections seraient bien réduites. Si la culture de la Rose est une gloire pour Lyon il est juste qu’à chaque Rosiériste, il en soit dévolu une part. Entre tous les établissements de ce beau genre, l’un des plus anciens et un de ceux qui se sont tenus constament à la hauteur de leur renommée première, c’est celui fondé par M. Guillot Père et dont M. Schwartz a pris la succession en 1870. Ce sont les cultures de M. Schwartz que votre Commission, composée de MM. Fillion, J.-M. Boucharlat, Cusin, et de votre serviteur, est allée visiter.

La réputation de M. Schwartz nous était assez connue pour que nous dussions nous attendre à trouver des cultures parfaitement soignées ; la vérité n’a pas été au-dessous de nos prévisions, nous avons admiré la bonne tenue de cet établissement. « tout y est soigné de main de maître. M. Schwartz d’ailleurs est un homme érudit dans son art, il étudie la rose avec soin, il en connaît jusqu’en ses moindres détails, la culture, la nomenclature. Il met au profit de cette étude une intelligence supérieure et une activité qu’aucun obstacle n’arrête ni n’entrave.

Il serait trop long de faire mention de toutes les variétés que nous avons admirées chez notre Collègue. Entre 1800 variétés presque toutes en fleurs au moment de notre visite, nous n’avons pas même le loisir de citer les plus méritantes. Nous avons vu ses semis pour les examiner et les apprécier. Il nous en a montré un très grand nombre d’un vrai mérite. Votre Commission réellement enchantée de sa visite, s’est retirée sous le coup de la plus agréable impression, bien satisfaite de l’accueil franc et cordial de M. Schwartz et vraiment édifiée de l’excellente tenue et de l’ordre magnifique de ses cultures.

L’année 1875 nous apporte une nouvelle étape dans l’histoire de la Rose. M. Guillot présente une variété à petites fleurs qu’on appelle les Polyanthas ; la première variété est à petite fleur blanche qu’il appelle « Pâquerette » ; M. Guillot Fils avait fait venir du Japon la variété type qu’il hybridait depuis quelques années. C’est donc à Lyon que sont nés les Polyanthas qui connaissent aujourd’hui une vogue immense.

1876. L’Exposition d’Horticulture a lieu au Palais des Arts, les 7, 8, 9 et 10 septembre. Les Roses dignement représentées par la nombreuse et riche collection de M. Schwartz, font honneur à ce Rosiériste qui a lutté contre la mauvaise saison pour trouver ses produits, ainsi que M. Ducher, dont les espèces sont abondantes et parmi les-quelles brillent beaucoup de Thés.

Les visites chez Schwartz, étaient un régal pour nos collègues qui s’y rendaient souvent et la Commission de visite y allait chaque année. Visite officielle le 13 juillet 1876 et le 16 juin 1877, je ne puis citer au complet les rapports élogieux ; en voici quelques passages :

Le 13 juillet 1876, la commission de Floriculture s’est réunie chez M. Schwartz, rue du Repos, pour visiter son établissement ; était présent : MM. Liabaud, Boucharlat Ainé, Boucharlat J.-M. et Schmitt Fils, M. Luizet Fils avait bien voulu se joindre à nous, aussi l’avons-nous condamné à être notre Président. Il est inutile de rappeler que M. Schwartz est un de nos Rosiériste les plus intelligents, un de ceux qui ont le plus contribué à justifier et à étendre la renommée de nos Roses de Lyon. Ses cultures sont admirables, les plantes d’une vigueur peu commune sont rangées dans l’ordre le plus parfait ; tout dénote le praticien habituel, le cultivateur instruit.

Avant de recommander une plante, M. Schwartz tient à être assuré de ses mérites… Grâce aussi à une pareille collection, on est plus sévère pour le choix des semis. Si tous nos semeurs pouvaient et voulaient comparer leurs gains, nous n’aurions pas cette multitude de variétés qui se vendent chaque année, et dont quelques-unes ne se distinguent que par des différences microscopiques et ne servent qu’à dégouter l’amateur de Nouveautés.

Toutes les meilleurs variétés anciennes ou nouvelles sont multipliées pour la vente. Nous avons admiré d’immenses planches de Rosiers greffés raz-terre, sur semis d’églantiers et plusieurs milliers de Rosiers à hautes tiges. « Arrivons aux variétés inédites, M. Schwartz a choisi parmi ses nombreux semis, il y en a 7000 environ, un certain nombre de plantes dont la floraison qui a paru remarquable, mais loin de se laisser entraîner par une première impression, il a voulu se rendre un compte exact des qualités et des défauts de ses nombreux gains.

Le 16 juin 1877, Visite de MM. Guillot Fils, Rosiériste chemin des Pins ; Liabaud, Horticulteur à la Croix-Rousse. Les cultures de M. Schwartz occupent deux vastes clos séparés l’un de l’autre par la rue du repos. On voyait aussi bon nombre d’espèces botaniques, entre autres, le « Rosa Berberifolia », « Rosa Hardy ». Nous ne pouvons que remercier M. Schwartz de l’accueil sympathique qu’il a fait à la Commission. Des cultures considérables, bien tenues et étiquetées correctement, une bibliothèque bien fournie des auteurs qui ont écrit sur les Roses, il n’en faut pas d’avantage pour démontrer que notre collègue est un Rosiériste distingué.

1877. L’Exposition Horticole de juin a lieu place de Perrache. Le Rapporteur est enthousiaste : Jamais à Lyon, on n’avait vu un pareil nombre de concurrents pour les semis. Vous donner une appréciation sur chacun des produits de ces concours ce serait m’exposer à bien des erreurs : quel est le Jury qui peut être sur de ne pas se tromper ? Les semis à mon avis, doivent être jugés sur place.

M. Lacharme a obtenu la médaille d’or. Plusieurs de nos Collègues présentaient de beaux semis. M. Schwartz. M. Aunier. Mme Veuve Ducher, pour ses deux Roses Thés. M. Guillot Fils. M. Levet. M. Liabaud présentait “Madame Gabriel Luizet ». M. Boucharlat J.-M.

A la séance de la Société d’Horticulture du Rhône, du 16 juin 1877, quatre Rosiéristes présentent des collections comprenant soixante ou quatre-vingt variétés ; il y a des Mousseux, des Centifolia, des Alpina Damasceana, etc… Quelles collections avaient nos collègues ! Voici le rapport de la séance : Il n’y a que quatre collections, mais elles sont si complètes, surtout les trois premières, que c’est à embarrasser le Jury. La première à laquelle le Jury a attribué une médaille d’or appartient à M. Guillot Fils. La deuxième est celle de M. Schwartz, la troisième, celle de Mme Ducher et la quatrième, peu considérable est à M. Lacharme.

Enfin la renommée des Rosiéristes de Lyon est consacrée pour la première fois à Paris en 1879. Dans sa séance de juin 1879, la Société Nationale d’Horticulture de France, a distribué les prix Laffay. Ces prix sont destinés à constater les succès des Rosiéristes qui ont obtenu les plus belles variétés de Roses. Voici d’ailleurs un extrait de ce compte rendu : « Après un examen sérieux et approfondi, la Commission composée de MM. Margottin Père, Jamain Hippolyte, Verdier Charles, Lévêque Fils, Merviaux, Bergmain, Leprieur, Dutitre, Bachoux et Delamarre, et sur les observations de M. Eugène Verdier, mandataire de Mme Laffay, le Comité a proposé de frapper trois médailles : deux en or pour MM. Lacharme et Guillot Fils, et une vermeil pour Mme Veuve Ducher, tous trois Horticulteurs à Lyon. Du relevé fait par la Commission, il résulte que : « M. François Lacharme, Horticulteur quai de la Vitriolerie, à Lyon, a obtenu 24 variétés de Roses de bon mérite. M. Guillot Fils, Horticulteur, chemin des Pins, à la Guillotière, Lyon, a obtenu 24 bonnes variétés. Mme Veuve Ducher, continuatrice de l’établissement de M. Ducher, chemin des Quatre-Maisons, à Lyon-Guillotière, a obtenu 25 variétés très interessantes. » La place nous manque pour énumérer ces 73 variétés, mais la plupart sont encore dans les cultures ou chez les amateurs.

La vogue des Roses devient de plus en plus grande ; certes la mode n’en est pas encore aux Jardins de Roses, composés exclusivement de ces fleurs ; il faut attendre encore vingt ans, mais la foule des amateurs qui se pressent à toutes les expositions, la ruée vers les stands où se tiennent les roses, montrent bien l’avenir immense qui s’ouvre devant la plus belle des fleurs, et stimule d’autant le travail de nos Collègues. Voilà 1880 et ses deux expositions, juin et septembre, et je cède la parole aux rapporteurs : A l’Exposition du 10 au 17 juin, ce qui a le plus attiré l’attention, ce qui rehaussait cette exposition et lui donnait un éclat extraordinaire, c’étaient les Roses. C’était cette fleur incomparable pour laquelle Lyon a acquis une si grande renommée due aux efforts persistants et surtout à la grande probité de nos Rosiéristes Lyonnais.

Plus de 3000 flacons en étaient garnis, et le Rapporteur de conclure : Je ne veux pas faire de la partialité, ni des jalousies ; je m’abstiendrai de citer aucun nom : mais qu’il me soit permis de féliciter chaleureusement nos Horticulteurs et nos amateurs. Ce beau massif de roses que nous apercevons tout d’abord au milieu, appartient à M. Schwartz, Rosiériste, installé maintenant route de Vienne, n° 7, Lyon. C’est une fort belle collection formée de trois cents rosiers, tous cultivés en pots. L’effet général de ce lot est vraiment splendide.

Voici les Roses coupées. Ces collections, composées avec goût et étalées sur cent mètres de gradins, de sept rangées de fioles, nous offrent le coup d’œil d’une floraison splendide et vraiment exceptionnelle, vu l’hiver rigoureux que nous venons de traverser. Voici maintenant les deux lots les plus importants de roses coupées ; l’un est à M. Schwartz, l’autre à M. J.-B. Guillot Fils. Ces deux lots ex æquo étaient composés d’environ 400 variétés, toutes belles ; citons cependant « le Bengale Ducher », blanc pur.

Les collections de MM. Levet, Elie Lambert, Bonnaire, Chomer, Berthoux, présentaient les variétés les plus méritantes. Puis le lot de M. Lacharme, attire par la beauté de la floraison et la façon toute artistique dont son lot est arrangé. Il est impossible, en effet de voir plus beau que ses « Paul Neyron », « Baronne de Rothschild », « La France », « Belle Lyonnaise », « Maréchal Niel ».

L’exposition de septembre 1880, sur le cours du Midi (aujourd’hui cours de Verdun) a connu un succès immense, il a même dépassé toutes les espérances et je ne puis mieux affirmer mon dire qu’en dévoilant qu’elle a été visitée par plus de 20000 personnes payantes. Celle du mois de juin avait attiré 15000 personnes seulement et l’on trouvait déjà ce résultat de beaucoup supérieur à celui des expositions précédentes. M. Lacharme avait exposé une jolie collection de Roses coupées. M. Pernet a aussi exposé des semis en fleurs coupées.

Alors que le rosier tige est plus ancien que le rosier écusson, le Rosier pleureur ne date que de 1880. Ces arbustes, mis au commerce en Belgique, depuis cinq ou six ans, sont presque totalement inconnus en France en 1880, et pourtant leur mérite est tel qu’ils ne devraient faire défaut dans aucun jardin. Depuis que l’on recherche les végétaux ligneux à rameaux pendants, on n’avait pas encore mis la main sur un arbuste à fleurs ornementales de ce genre. Les rosiers multiflores pleureurs viennent combler cette lacune. Ce sont des arbustes excessivement vigoureux, que l’on greffe en écusson le plus haut possible, sur des églantiers robustes. L’effet produit par des arbustes de cette nature planté depuis deux ou trois ans et non taillés est indescriptible. Ces rosiers, il est vrai, ne sont pas remontants, mais peuvent-ils avoir toutes les qualités ? Outre celle du point de vue ornemental, ils en possèdent encore une précieuse, c’est qu’il ne gèlent pas en hiver.

 
 
Publié le vendredi 25 juillet 2008
Mis à jour le mardi 29 juillet 2008

 
 
 
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