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La symbolique de la rose au XVIIIème siècle
article du Lyon - Horticole 2ème trim 2007

 
La fin du 18ème siècle marque l’opposition entre la rose d’autrefois et une fleur porteuse de symboles nouveaux.

Cette nouvelle sensibilité à la nature qui caractérise le siècle des Lumières explique en partie la naissance de vocations dans l’activité rosicole au début du 19ème siècle.

Le déclin de la rose de Provins

Au Moyen-Âge, les jardins des monastères et des châteaux renferment surtout des légumes et des plantes aromatiques. Les fleurs destinées au plaisir des yeux et de l’odorat sont peu nombreuses.

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Les roses sont avant tout destinées à l’usage médicinal. C’est à Provins qu’une rose aux cent feuilles est rapportée d’Orient au XIII ème siècle. Les origines de cette rose appelée aujourd’hui Rosa gallica sont incertaines. Il est dit dans certains ouvrages que cette variété fut introduite en 1240 par Thibault IV, roi de Navarre et comte de Champagne et de Brie. D’autres affirment que le roi René d’Anjou la ramena en France, dans la ville de Provins, au XV ème siècle.

La rose de Provins ou rose des apothicaires est utilisée notamment pour ses vertus médicinales et alimentaires. Ses pétales sont doués de propriétés légèrement purgatives et astringentes qui servent à préparer des sirops, des infusions et des décoctions. L’eau distillée des roses a une vertu antispasmodique sensible ; elle est le résolutif le plus employé dans les affections des yeux et de la peau. Elle est également consommée sous forme de confitures et contribue à la renommée de la ville où les officines d’apothicaires abondent. Si les roses Galliques ou roses de Provins sont nombreuses, leur utilisation en médecine les a reléguées aux côtés des autres plantes médicinales et aromatiques.

Au XVIII ème siècle, les apothicaires qui disposent d’une palette plus importante de plantes médicinales plus actives délaissent peu à peu la rose de Provins. Certes le rôle thérapeutique de la rose décline ; elle conserve toutefois son caractère symbolique, comme en témoigne la fête des rosières, à l’initiative de la haute noblesse. Chaque année, une jeune fille vertueuse et particulièrement méritante est choisie, célébrée et couronnée de roses. La rose devient ainsi le symbole de la jeunesse éphémère et du temps qui passe.

Les Rosati

Si le caractère traditionnel de la rose est toujours présent à la fin XVIII ème siècle, les adeptes des Lumières s’approprient cette fleur qui devient le symbole de leurs idées nouvelles. Engagée sur les traces de Rousseau avec une ferveur et une discipline admirative, la société des Rosati, fondée en 1778, près d’Arras, par Louis-Joseph Le Guay, est révélatrice de ces changements. Ce groupe, composé de plusieurs jeunes gens appartenant à l’armée, à la magistrature ou au clergé, partage avant tout un profond intérêt pour les belles lettres et particulièrement la poésie.

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Les statuts de cette société sont relativement simples. Avant d’être admis au lieu de réunion, tout nouveau venu est tenu de faire une pièce en honneur de la rose. Cette société littéraire, à l’origine composée de neuf membres, pour la plupart originaires d’Arras, s’agrandit bientôt en accueillant notamment Lazare Carnot et Maximilien de Robespierre.

Ce siècle constitue donc une époque charnière dans l’histoire de la rose. D’autres facteurs vont jouer en faveur de son développement : l’importance du commerce avec l’Asie dans l’introduction de variétés nouvelles et la remise en valeur des roses par Joséphine.

Cela fera peut-être l’objet d’un autre article. En attendant, laissez-vous bercer par le parfum des roses !

La rose au siècle des Lumières - Nathalie FERRAND - doctorante en histoire contemporaine - Thèse en cours sur les rosiéristes de la région lyonnaise - Université Lumière Lyon II, Laboratoire d’études rurales SEREC
 
 
Publié le mercredi 11 avril 2007

 
 
 
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